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Publié Mars 2026

Parlons de l’eau: l’agriculture en période de sécheresse

Dans de nombreux pays européens, cet été 2022 a été l’un des plus chauds jamais enregistrés et la sécheresse a bien sûr également eu un impact important sur les activités agricoles. Comme vous êtes nombreux à nous demander comment cette situation a affecté les agriculteurs de CrowdFarming, et en particulier ceux du mouvement Tropiterranen, nous avons pensé à vous proposer un Q&R. 

Quelles sont les différentes pratiques permettant de limiter l’utilisation de l’eau dans la culture des fruits (tropicaux) ?

En Europe, les pratiques de gestion de l’eau pour les cultures tropicales sont les mêmes que pour les autres cultures. Les cultures fruitières tropicales n’ont pas plus de limitations en relation à l’eau que les autres cultures. En Espagne – où sont cultivés la quasi-totalité de tous les fruits tropicaux européens (bien que nous ayons quelques agriculteurs tropicaux en Italie) – l’eau pour l’irrigation est allouée par hectare de culture, quel que soit le type de produit que l’agriculteur choisit de cultiver. Les agriculteurs soucieux des ressources utilisées, tels que ceux qui appartiennent au mouvement Tropiterranean, optimisent l’utilisation de l’eau grâce à des systèmes de goutte-à-goutte modernes et efficaces, mais aussi en recouvrant le sol de résidus d’élagage (au lieu de laisser le sol exposé au soleil). Bon nombre de nos agriculteurs utilisent également des capteurs qui les avertissent du bon moment pour irriguer leurs terres et de la bonne quantité à utiliser. On observe une tendance croissante du recours à la technologie pour faciliter le suivi des cultures et la gestion des ressources, ce qui aide le secteur agricole à gagner en efficacité.  

Une autre solution est de cultiver différentes variétés, où certaines seraient plus adaptées à certaines conditions qu’à d’autres. C’est pourquoi, si une année a été particulièrement sèche, il se peut que nous n’ayons pas une variété spécifique d’un fruit, ou que la récolte soit moins fructueuse que d’habitude. C’est le cas de la mangue Sensation cette année par exemple, car le manque de pluie s’est fait ressentir et les arbres ont fini par perdre leurs fruits.

irrigation au goutte-à-goutte

D’où provient l’eau que nos agriculteurs utilisent ?

Bon nombre de nos agriculteurs espagnols disposent de leurs propres réservoirs d’eau de pluie. Certains font également partie d’une « communauté d’irrigation », c’est-à-dire « une société de droit public rattachée à l’autorité du bassin hydrographique (organisme public chargé de la gestion de l’eau dans les districts hydrographiques) qui doit être créée par les bénéficiaires de l’eau et les autres actifs du domaine public de l’eau appartenant au même prélèvement ou de la même concession »1.

Ces communautés assurent une distribution équitable des ressources en eau disponibles pour une zone définie, à des fins d’irrigation en attribuant une quantité spécifique de mètres cubes par hectare de terre productive. Le volume exact est variable et dépend des conditions climatiques. En effet, en cas de sécheresse, la quantité est moins importante que si les précipitations ont été abondantes. 

Les ressources en eau utilisées par les agriculteurs peuvent provenir de trois sources principales : les réservoirs, les puits et l’eau de pluie. Elles peuvent également provenir d’usines de désalinisation (l’une d’entre elles sera bientôt construite dans la région de l’Axarquia, dans le sud de l’Espagne, où l’on cultive beaucoup de fruits tropicaux) et d’eaux usées récupérées, donc par « recyclage » de l’eau. 

L’eau distribuée par les communautés d’irrigation mentionnées ci-dessus peut également provenir de puits ou de rivières. Le puits peut être communal, ce qui signifie que l’eau est répartie entre les différents agriculteurs. 

Un réservoir d’eau de pluie dans une ferme en Andalousie

Quelle proportion approximative de l’eau utilisée provient d’eau réutilisée ?

Cela varie d’un pays à l’autre et d’une région à l’autre. À ce jour, il s’agit d’une pratique qui doit encore être déployée dans beaucoup de régions. En Andalousie, où sont concentrés la plupart de nos agriculteurs « tropiterranean », les installations de traitement des eaux usées existantes fournissent environ 30 hm³ d’eau récupérée. Le gouvernement local a pour objectif de porter ce chiffre à 120 hm³ à l’avenir, car la région est appelée à investir de plus en plus dans cette forme d’approvisionnement en eau.2

Comment se déroule l’attribution de l’eau en Espagne (en particulier dans le sud du pays) ? Comment est-elle réglementée ?

L’extraction de l’eau du sous-sol est contrôlée par la confédération hydrographique de chaque bassin et chaque agriculteur dispose d’un compteur d’eau dans son puits qui contrôle la quantité extraite. L’eau provenant des communautés d’irrigation dispose d’un compteur et n’est pas illimité – il y a une limite bien définie et une fois que celle-ci est atteinte, il n’y en a plus.

Quelle est la vision à court, moyen et long terme de l’utilisation de l’eau dans les cultures tropicales (européennes) ?

En général, les agriculteurs des cultures tropicales suivent la même démarche que pour le reste des cultures – optimiser les ressources existantes en appliquant des innovations technologiques, des techniques naturelles et en infiltrant l’eau dans le sol aussi directement que possible. Nos agriculteurs essaient également d’utiliser de l’eau provenant d’autres sources, comme l’eau de pluie récupérée ou l’eau usée recyclée, chaque fois que cela est possible. Bien entendu, les périodes prolongées de sécheresse sont un facteur très présent dans l’esprit de nos agriculteurs et suscitent de vraies inquiétudes pour l’avenir. Au sens large, l’effort collectif pour empêcher une nouvelle hausse des températures est vital pour la production alimentaire – car très peu d’aliments ne nécessitent aucune irrigation. « Avec un réchauffement climatique de 3 °C, les sécheresses seraient deux fois plus fréquentes. » 3 

Une mesure qui aiderait considérablement en termes de quantité et de qualité de l’eau est la promotion de l’agriculture biologique et régénérative. L’augmentation de la teneur en humus de nos sols, par exemple, réduirait la demande en eau, car ces sols peuvent mieux l’absorber et plus profondément. Les pesticides et engrais synthétiques, en plus de réduire la capacité du sol à absorber l’eau, polluent également nos nappes phréatiques. 3

Il est important de sensibiliser à la fois les consommateurs et les producteurs sur le fait que nos ressources – eau et autres – sont limitées et que les activités agricoles doivent être menées de manière réfléchie.

Les sécheresses se multiplient et les ressources en eau diminuent partout dans le monde. Comment pouvons-nous parler de culture durable si, à long terme, il ne sera plus possible d’irriguer les cultures tropicales ?

Lorsqu’il y a une sécheresse, n’importe quelle culture peut être définie comme “non durable ». Les cultures tropicales sont celles qui sont le plus accusées d’utiliser beaucoup d’eau, mais ce n’est pas toujours le cas. Au sein de l’Union européenne, c’est en réalité le blé qui est de loin le plus gros consommateur d’eau. 4 Le riz est une autre culture très gourmande en eau. « En moyenne, les céréales consomment 31 % de l’eau utilisée par les cultures au sein de l’UE » et elles ont un rendement relativement faible par rapport aux fruits et légumes, dont les cultures ont un rendement plus élevé pour une moindre utilisation en eau. 4 

L’utilisation de l’eau dépend également de la zone concernée, même pour les régions réputées sèches, comme le sud de l’Espagne. Dans la région de Grenade, par exemple, il n’y a jamais eu de réel manque en eau en raison de la Sierra Nevada. En revanche, dans les régions méditerranéennes, les sécheresses sont récurrentes et cette année a été particulièrement intense : le niveau d’eau dans les réservoirs n’avait pas été aussi bas depuis 1995. Toutefois, le bon côté des choses est que cette sécheresse intense de 1995 a suscité une grande prise de conscience vis-à-vis de la rareté de l’eau et a donné un coup de fouet aux initiatives d’économies de l’eau. À cette époque, les systèmes d’irrigation au goutte-à-goutte n’étaient pas courants. Aujourd’hui, il est impensable qu’une exploitation de fruits tropicaux (ou toute autre culture telle que les agrumes, les oliviers…) n’utilise pas ce système d’irrigation. Les sécheresses étant de plus en plus fréquentes et intenses, de nouvelles solutions sont élaborées pour faire face à cette situation.

Un champ souffrant de la sécheresse



Comment la sécheresse affecte-t-elle les agriculteurs européens ?

En raison de la sécheresse prolongée de cette année, les récoltes sont moins abondantes et les fruits sont plus petits. Cela a une incidence négative sur les revenus des agriculteurs, à un moment où ils doivent investir davantage dans l’amélioration de leurs systèmes d’irrigation. 

Quels sont les aliments qui consomment le plus d’eau ? 

Si l’on considère le secteur agricole en général, l’élevage est un bien plus grand consommateur d’eau que les cultures de fruits et légumes. « Par tonne de produit, les produits d’origine animale ont généralement une empreinte hydrique plus importante que les produits végétaux » 5 ; et « L’empreinte hydrique moyenne par calorie pour le bœuf est vingt fois plus importante que pour les céréales » 6. En termes d’utilisation mondiale de l’eau pour la production alimentaire, la viande bovine est clairement le numéro un avec plus de 15 000 litres par kilo, suivie par les noix, avec 900 litres par kilo, la viande ovine et caprine, la viande de poulet, les œufs, les céréales et le lait. En effet, les fruits et légumes sont tout en bas de la liste. 7

Il s’agit bien sûr d’un aperçu général représentant la consommation d’eau moyenne mondiale par groupe d’aliments. Les chiffres concrets varient fortement en fonction du pays de production, mais aussi des méthodes de culture et du type de plante. Par exemple : alors que la consommation d’eau des cultures d’amandes en Californie, qui représentent 80% de la production mondiale, a atteint des niveaux inquiétants, une grande partie de la production d’amandes en Espagne est considérée comme pluviale. 8

Combien d’eau faut-il à un manguier, un oranger ou un avocatier ?

La moyenne mondiale de la consommation d’eau d’un manguier est de 1 600 litres par kilo, alors qu’en Espagne, et plus précisément pour le mouvement Tropiterranean, elle est d’environ 250-300 litres par kilo. Les orangers de la ferme de notre fondateur, Naranjas del Carmen, nécessitent environ 90 litres par kilo de fruits, alors que la moyenne mondiale est de 460 litres. La moyenne espagnole de la consommation d’eau par kilo d’agrumes dépend fortement des pratiques d’irrigation, des méthodes agricoles et de la région, et oscille donc entre 200 et 400 litres. 9

Dans le cas des avocats, la moyenne mondiale est d’environ 2 000 litres par kilo et la moyenne espagnole de seulement 700 litres par kilo. Les agriculteurs de CrowdFarming, quant à eux, ont réussi à réduire la consommation d’eau pour leurs cultures d’avocats à environ 400 litres par kilo grâce à l’utilisation de méthodes d’agriculture durable, soit moins que la moyenne d’eau nécessaire pour un kilo de pommes cultivées de manière conventionnelle (= 700 litres). On peut donc dire que la production mondiale d’avocats, y compris en Espagne, reste une culture très gourmande en eau, ce qui est indéniablement problématique. 

En plus de suivre l’exemple des agriculteurs du mouvement Tropiterranean, dont les efforts ont permis de réduire considérablement leur consommation d’eau, nous devrions également envisager de réduire notre consommation globale de fruits tels que l’avocat et arrêter de le considérer comme un élément quotidien de notre alimentation. Avons-nous vraiment besoin d’avoir des avocats disponibles 365 jours par an ? Cela dit, on peut affirmer que comme l’avocat  » compense  » spécifiquement par son facteur nutritionnel, nous pourrions réduire la quantité que nous consommons en termes d’apport calorique, par rapport à d’autres fruits moins nutritifs par exemple.



Quel pourcentage de l’eau consommée est consacré à l’irrigation (si l’on peut préciser – irrigation de fruits tropicaux), au niveau européen et au niveau espagnol ?

La quantité d’eau utilisée dans l’agriculture dépend fortement de la quantité de précipitations et peut donc varier considérablement d’une année à l’autre et d’un pays à l’autre. Au sein de l’Union européenne, le secteur agricole est responsable d’environ 24 % des prélèvements d’eau 3, tandis qu’au niveau mondial, l’agriculture représente environ 70 % de toute l’eau douce disponible. Dans un pays sec et chaud comme l’Espagne, le secteur agricole utilise 79 % des ressources en eau 10 . En Allemagne, le secteur agricole ne représentait que moins de 6,5 % de l’utilisation de l’eau douce, alors que le secteur industriel représentait, quant à lui, environ 80 % en 2019 11.

Nous espérons que ces éléments ont permis de lever les doutes que vous pouviez avoir sur la consommation d’eau de nos agriculteurs. Comme vous avez pu le constater en lisant cet article, il s’agit d’un sujet particulièrement complexe, difficile à cerner et à alimenter en données fiables, car de nombreux facteurs entrent en jeu et car chaque année est unique en son genre. 

Si vous souhaitez en savoir plus sur l’utilisation de l’eau dans les cultures tropicales européennes, veuillez cliquer ici.

Written by Emmeline Hess

Emmeline Hess

Emmeline es experta en comunicación, vocación que ha estado ejerciendo durante más de 9 años en empresas con enfoque en la sostenibilidad.

Esta nueva podcaster es una gran aficionada a la comida, una preocupada por el cambio climático (aspirante a guerrera) y le gusta una buena discusión casi tanto como los perros.

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Le vaste monde des agrumes

Les agrumes regroupent toutes les espèces de fruits appartenant au genre Citrus, avec leur goût caractéristique sucré-acidulé et leurs propriétés nutritionnelles exceptionnelles. Ces fruits charnus sont principalement cultivés dans les régions subtropicales et tropicales, bien qu’ils s’adaptent et poussent dans presque toutes les régions du monde situées dans la zone des 40° de latitude – en Europe, il s’agirait de l’Espagne, de l’Italie et de la Grèce. Cette large répartition et cette capacité d’adaptation en ont fait l’une des catégories de fruits présentant la plus forte production et commercialisation à l’échelle mondiale. L’« Odyssée » des agrumes L’histoire des agrumes traverse de nombreuses cultures et époques. Selon la mythologie grecque, les jardins des Hespérides étaient peuplés de pommes d’or : aujourd’hui, nous savons qu’il s’agissait en réalité d’oranges. Dans la Chine antique, dès 2200 av. J.-C., ils étaient des symboles de prospérité. Sur la route de la soie, leur valeur résidait dans la prévention du scorbut. Le genre Citrus comprend non seulement les oranges, mais aussi les mandarines, les citrons, les citrons verts, les pamplemousses et d’autres variétés moins connues. Ils partagent tous une origine commune, située en Asie du Sud-Est, plus précisément dans la région de l’Himalaya. Leur domestication a généré un réseau génétique complexe, favorisant leur expansion. On pense que les citrons verts et les oranges amères sont originaires respectivement de l’est et du nord de l’Inde, tandis que les citrons pourraient être un hybride entre le cédrat et la mandarine. Les oranges douces proviennent peut-être du sud-est de la Chine et ont été introduites en Europe par les Romains. Les mandarines ont voyagé jusqu’au Japon le long du fleuve Yangtsé, et les pamplemousses se sont rapidement établis dans la péninsule malaise. Bien que retracer leur parcours soit difficile, la génomique et la biogéographie apportent certaines réponses, ainsi qu’une excellente leçon d’histoire. Un trésor nutritionnel En plus de sucres comme le glucose et le fructose, les agrumes constituent notre principale source de vitamine C, surtout en hiver. Ces valeurs sont généralement plus élevées pour les oranges que pour les mandarines, et nettement plus élevées dans le cas des fruits issus de l’agriculture biologique, pouvant être de 15 à 30 % plus élevées selon la variété. Il est également important de savoir que le jus d’orange ne contient que 25 % de la vitamine C contenue dans le fruit. Cependant, la vitamine C n’est pas le seul joyau nutritionnel des agrumes. Ces fruits sont aussi une excellente source de caroténoïdes, de xanthophylles ou de flavonoïdes qui non seulement donnent aux agrumes leur couleur orange caractéristique – voire rouge dans le cas des oranges sanguines – mais agissent également comme de puissants antioxydants et des précurseurs de la vitamine A. D’autres nutriments présents dans les agrumes comprennent l’acide folique, le potassium, le calcium et le magnésium, essentiels à la santé cardiovasculaire et osseuse ainsi qu’à la fonction musculaire. En outre, chaque espèce d’agrume a ses propres particularités nutritionnelles qui la distinguent des autres : par exemple, les citrons verts et les citrons sont particulièrement riches en acide citrique et en vitamine C, tandis que les pamplemousses offrent une bonne quantité de vitamine A. Les innombrables espèces et variétés d’agrumes La popularité des variétés modernes, qui offrent une meilleure rentabilité, sont mieux adaptées aux exigences du marché et aux conditions environnementales et sont plus résistantes aux maladies et aux ravageurs, finit par déplacer les variétés traditionnelles et indigènes. Parmi les principales espèces et variétés d’agrumes actuellement disponibles sur le marché, nous pouvons souligner les suivantes : Oranges (Citrus sinensis) Navelina : Cette variété est l’une des premières Navel à mûrir dans la saison, généralement disponible à partir de novembre. Les Navelina sont reconnaissables à leur petit « nombril » (ou « bellybutton ») et sont connues pour leur douceur, leur faible acidité et leur richesse en jus. Elles sont généralement prêtes à être consommées entre décembre et janvier. Navel de Foyos : Elles sont juteuses et présentent un bon équilibre entre douceur et acidité. Leur peau est épaisse et facile à peler, et elles ont le « nombril » caractéristique des oranges Navel. La saison de récolte de la Navel de Foyos commence généralement en novembre et dure jusqu’en janvier. Fukumoto : Il s’agit également d’une variété Navel précoce, connue pour sa taille petite à moyenne et sa couleur orange vif. Elle a un goût majoritairement sucré et une texture juteuse, avec une peau fine qui la rend facile à peler. La saison de récolte du Fukumoto est généralement d’octobre à décembre. Navel Powell : Elle se distingue par sa grande taille et son goût légèrement plus sucré. Sa peau est un peu plus épaisse que celle des autres variétés Navel, ce qui contribue à prolonger sa durée de conservation. La saison de récolte de la Navel Powell s’étend généralement de février à avril. Washington Navel : C’est peut-être la variété d’orange Navel la plus connue et la plus cultivée. Elle se caractérise par sa grande taille, sa jutosité et son équilibre entre douceur et acidité. Sa peau est épaisse et facile à peler, et elle possède un « nombril » marqué. Sa saison de récolte commence en novembre et peut se prolonger jusqu’en mars. Navel Lane Late : Une variété tardive d’oranges Navel, la Navel Late est récoltée du printemps au début de l’été. Ces oranges sont grosses, juteuses et ont une saveur équilibrée, légèrement plus sucrée que les oranges Navel. Elles sont idéales à consommer fraîches et conservent leur qualité plus longtemps. Leur saison se situe entre mars et avril. Salustiana : Connue pour sa forte teneur en jus et son goût sucré, la Salustiana a une peau fine et est facile à peler. Cette variété est moins acide que d’autres oranges et a une saison de récolte de la mi-hiver au printemps, environ de janvier à mars. Valencia Midnight : Variante de l’orange Valencia, la Valencia Midnight mûrit plus tard dans la saison, offrant un jus riche et sucré, idéal pour la production de jus d’orange. Sa saison de récolte s’étend d’avril à mai. Valencia Late : Autre variété tardive de la célèbre orange Valencia, elle se distingue par sa grande taille. Sa saison de récolte s’étend d’avril à juillet, ce qui en fait l’une des dernières oranges disponibles sur le marché chaque saison. Tarocco : L’une des variétés d’oranges sanguines les plus populaires. La Tarocco est appréciée pour sa chair rougeâtre distinctive et son profil aromatique sucré avec des notes de baies. Elle est riche en antioxydants, notamment en anthocyanes, qui lui donnent sa couleur rouge. Sa saison de récolte va de janvier à mai. Moro : Autre variété remarquable d’orange sanguine, célèbre pour sa couleur rouge intense tant dans la chair que dans la peau, elle est très appréciée en cuisine gastronomique. Sa saveur est proche de celle de la Tarocco, avec une légère touche d’acidité. Cette variété est connue pour sa forte teneur en anthocyanes, les pigments qui lui confèrent sa couleur caractéristique et ses antioxydants. La saison de récolte de la Moro couvre les mois de janvier et février de chaque année. Mandarines (Citrus reticulata) Gold Nugget : La mandarine Gold Nugget, nommée ainsi en raison de sa peau rugueuse – qui lui donne cet aspect imparfait que nous aimons tant – et de sa couleur dorée, est une variété appréciée pour sa douceur et sa jutosité, avec une touche d’acidité. La peau de la Gold Nugget est un peu épaisse, mais reste facile à peler. Sa saison de récolte est tardive, débutant généralement en mars et pouvant durer jusqu’à fin mai. Satsuma : Originaire du Japon, la mandarine Satsuma est une variété sans pépins, très sucrée et juteuse, avec un niveau d’acidité plus élevé que d’autres mandarines et clémentines. Sa peau verdâtre est légèrement plus épaisse mais facile à peler. La saison de récolte de la Satsuma est précoce, commençant en automne (environ d’octobre à décembre) et faisant d’elle l’un des premiers agrumes à arriver sur le marché chaque année. Tango : La mandarine Tango est une variété très populaire et de grande qualité originaire de Californie. C’est une mandarine sans pépins au goût excellent, qui se distingue par une douceur intense. La peau est fine et lisse, orange vif et facile à peler. Sa saison commence en janvier et dure jusqu’en avril. Nardocot : Cette variété, originaire du Maroc, se caractérise par une taille moyenne et une peau fine, facile à peler. La Nadorcott a l’avantage de bien se conserver sur l’arbre, ce qui permet de prolonger sa saison de récolte. Elle est également résistante à l’alternance, ce qui signifie qu’elle produit une bonne récolte année après année. Comme la variété Tango, elle est récoltée entre janvier et avril. Clemenvilla : Également connue sous le nom de Nova, elle se caractérise par une excellente qualité de jus et une facilité d’épluchage. Les Clemenvilla sont plus grosses que les clémentines communes et ont une forme légèrement allongée. Sa saison de récolte va de la mi-hiver au début du printemps, environ de décembre à mars. Orogros : De taille moyenne à grande, avec une peau dont la couleur varie du jaune à l’orange. Son goût est un mélange équilibré de douceur et d’acidité. La peau est un peu plus épaisse que celle d’une mandarine ordinaire, mais reste facile à peler. La saison de récolte de l’Orogros est généralement de janvier à mars. Tardivo di Ciaculli : Originaire de Sicile, en Italie, cette variété tardive est connue pour son goût exceptionnellement sucré et son arôme intense. Le Tardivo di Ciaculli a une peau fine et une forme légèrement aplatie, avec une saison de récolte plus tardive que celle d’autres mandarines, généralement de fin février à avril. Ortanique : La variété ortanique vient de Jamaïque ; son nom indique « OR » (orange) orange, « TAN » (tangerine) mandarine et « IQUE » (unique), ce qui nous dit qu’il s’agit d’un hybride entre mandarine et orange. Elles sont de taille moyenne à grande, avec une forme quelque peu aplatie, et ont une forte teneur en jus d’une couleur orange intense. Elles sont de saison entre février et mars. Orri : La mandarine Orri est une variété relativement récente et de très haute qualité, originaire d’Israël. Elle se distingue par un goût exceptionnellement sucré et un faible niveau d’acidité, ce qui en fait l’une des variétés les plus appétissantes du marché. L’Orri a une peau fine et brillante, est facile à peler et contient peu ou pas de pépins. La saison de récolte de l’Orri est en mars. Clémentines (Citrus x clementina) Les clémentines, souvent considérées comme un type de mandarine, ont tendance à être un peu plus sucrées, à peau plus fine et légèrement plus petites que les mandarines. Clemenules : Ces clémentines ont un goût fortement sucré, ce qui les rend particulièrement appréciées pour la consommation directe. Leur peau est fine et facile à peler. En termes de taille, elles ont tendance à être plus grosses que les clémentines communes. La saison de récolte des Clemenules s’étend de novembre à la fin décembre. Clémentine commune : Cette variété est la plus traditionnelle et la plus connue des clémentines. Elle se caractérise par une taille petite à moyenne, une peau orange vif et une grande facilité d’épluchage. La clémentine commune présente un équilibre parfait entre douceur et acidité, et convient aussi bien à la consommation fraîche qu’au jus. Sa saison de récolte s’étend généralement de novembre à janvier. Tangold : Aussi connue sous le nom de Seedless Tango, c’est une variété sans pépins développée récemment. Elle se distingue par sa couleur orange intense, tant dans la peau que dans la pulpe. Sa saveur est sucrée, avec une texture juteuse et ferme. La peau est facile à peler et sa taille est moyenne. La saison de récolte du Tangold est généralement de la fin de l’hiver au début du printemps, environ de février à avril. Caffin : Une variété précoce, connue pour sa petite taille et sa forme légèrement allongée, offrant un bon équilibre entre douceur et acidité. Sa saison de récolte est précoce, commençant en octobre et s’étendant jusqu’en décembre. Oronules : La clémentine Oronules est l’une des premières à être commercialisées, car elle est parmi les plus précoces à atteindre son point optimal de consommation. Elle est petite, d’une attractive couleur orange rougeâtre et peu acide. Elle a une peau très fine, ce qui la rend facile à peler. Sa saison s’étend d’octobre à la fin novembre. Corse ou « Fine de Corse » : La clémentine de Corse, originaire de l’île de Corse en France, est une variété très appréciée pour sa qualité exceptionnelle. Elle se caractérise par un goût intensément sucré. Elle a une peau fine et une bonne quantité de jus. Les clémentines corses sont très valorisées sur les marchés européens et leur saison de récolte et disponibilité sur le marché commence généralement vers novembre et peut s’étendre jusqu’à la fin décembre. Citrons (Citrus limon) Verna : Cette variété de citron est typique d’Espagne, avec un cycle de production tardif. Elle a une grande taille, une peau épaisse et est très juteuse. Elle est moins acide que d’autres variétés et est largement utilisée pour la production de jus. Elle est principalement récoltée au printemps et en été, ce qui signifie que sa disponibilité est la plus élevée entre les mois d’avril et août. Fino ou Primofiori : Aussi connu comme citron commun ou mesero, c’est l’une des principales variétés cultivées dans le monde. Il se caractérise par une peau fine et une forte teneur en jus, avec un équilibre parfait entre acidité et douceur. Il est généralement récolté de l’automne au début du printemps, avec une disponibilité maximale entre octobre et mars. Femminello : Originaire d’Italie, c’est l’une des variétés les plus appréciées et les plus répandues dans la région méditerranéenne. Elle se distingue par sa forte teneur en huile essentielle dans l’écorce, ce qui la rend idéale pour la production de limoncello et d’autres produits aromatisés. Ce citron a une saveur classiquement acidulée, avec une peau fine et une forme légèrement allongée. Sa saison s’étend sur la majeure partie de l’année. Pamplemousse (Citrus paradisi) Rio Red : Originaire du Texas, ce pamplemousse est connu pour sa saveur sucrée et légèrement acidulée. La saison de récolte du Rio Red s’étend de la fin de l’automne au printemps, ce qui en fait l’un des pamplemousses les plus recherchés pendant cette période. Star Ruby : Le Star Ruby a la chair la plus rouge de toutes les variétés de pamplemousse. Il est connu pour sa jutosité et sa douceur, et contient une plus faible quantité de pépins. Sa saison de récolte est similaire à celle des variétés Ruby Red et Rio Red. Autres espèces et variétés d’agrumes Citron vert (Citrus aurantiifolia) Connus pour leur saveur moins acide et plus florale, les citrons verts sont plus petits et verts. Ils sont souvent utilisés dans les boissons et cocktails, ainsi que dans les recettes qui nécessitent une touche d’agrume douce. En général, la meilleure période de l’année pour trouver des citrons verts frais se situe approximativement de juin à septembre. Main de Bouddha (Citrus medica var. sarcodactylis) Ce fruit est très remarquable

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Encore une fois, une COP qui déçoit

La COP30, qui s’est tenue du 10 au 22 novembre 2025 à Belém au Brésil, aurait dû marquer un tournant. Dix ans après l’Accord de Paris et à la veille d’un monde en surchauffe, l’enjeu était clair : passer des promesses à la mise en œuvre. Mais, une fois encore, les attentes se sont heurtées à la réalité d’un processus diplomatique au bord de l’impasse.“Assez parlé, il est temps de passer à l’action”, a prévenu le président brésilien Lula qui accueillait l’événement. Quinze jours et 30 COP plus tard, où en est-on ? Ce qu’il s’est passé Lors de la COP30, les négociations se sont focalisées sur plusieurs volets clés : l’adaptation des pays vulnérables, le financement climatique, et (très attendu) un engagement sur la sortie des combustibles fossiles. Le texte final, baptisé « Mutirão » (mot issu des langues tupi-guarani, parlées en Amérique du Sud, et qui désigne une collectivité s’attelant à une tâche commune.), a obtenu un soutien large, mais très critique. Il appelle à « des efforts pour tripler les financements d’adaptation d’ici à 2035 » mais ne précise ni montants fermes ni calendrier contraignant. Il ne comporte pas de feuille de route obligatoire pour la sortie du charbon, du pétrole et du gaz, faute d’un consensus. Le commissaire climat de l’Union européenne, Wopke Hoekstra a résumé le résultat par une formule sévère : « Ce texte n’est en aucun cas à la hauteur de l’ambition dont nous avons besoin en matière d’atténuation. ». En clair, la COP30 n’a pas échoué dans sa totalité. Elle n’a pas annulé tous les engagements, mais elle a bel et bien raté l’occasion de les rehausser dans un contexte d’urgence climatique. Pourquoi nous restons sur notre faim Après trente conférences climatiques, on a l’impression de répéter indéfiniment les mêmes démarches tout en espérant, à chaque fois, un résultat différent. Effectivement, chaque COP affiche un vaste programme, de grandes ambitions, des discours flamboyants… pour terminer avec un texte « écrit » parce que les États ne veulent pas d’un échec total, (surement par crainte d’un abandon du multilatéralisme). Mais les décisions majeures sont repoussées, affaiblies, rendues non contraignantes. Dans le contexte du quotidien de nos agriculteurs, de nos petits producteurs, et de nos communautés engagées pour un système alimentaire juste, transparent et résilient, cela pose question. Car les déclarations « il faut passer à l’action » se succèdent, mais qui passe réellement à l’action ? Qui, au-delà des rapports et des plateaux TV, opère concrètement un changement structurel ? Encore une fois, la forme (le discours, la conférence, l’image) semble l’emporter sur le fond (les engagements fermes, les moyens, la mise en œuvre). Notre secteur: l’agriculture, l’alimentation juste et les filières courtes attendait de ces négociations qu’elles portent une impulsion plus affirmée : une sortie crédible des énergies fossiles et des intrants chimiques pour libérer des ressources vers la transition agroécologique ; une reconnaissance que la biodiversité et la santé des sols ne sont pas des options, mais des clés essentielles pour un futur résilient. Mais au final, la COP30 démontre encore que le modèle diplomatique international reste prisonnier de compromis, de petites avancées et de marges floues. En conclusion : faut-il encore croire aux COP? Oui, parce que le cadre reste important, il n’y a pas d’alternative crédible au multilatéralisme. Mais soyons lucides : depuis tant d’années, nous revivons la même boucle : ambitions affichées → négociations longues → texte poli mais peu contraignant → report des véritables décisions à la prochaine COP. Faire toujours la même chose et attendre un autre résultat n’est plus acceptable. Il est temps de réclamer des objectifs contraignants et vérifiables, une mise en œuvre rapide des engagements en matière de sols, d’alimentation, de biodiversité. Sinon, nous resterons spectateurs d’un théâtre qui drape de vert l’immobilisme.  Et pendant ce temps, les territoires, les agriculteurs, les petites fermes, les consommateurs engagés, construisent déjà l’alternative. La véritable question n’est donc plus de savoir quoi faire, mais à quelle vitesse nous pouvons le faire. Serons-nous capables de déployer ces solutions plus rapidement que les impacts climatiques n’avancent ? C’est cette course dans laquelle nous sommes engagés.

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