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Publié Mars 2026

La problématique de la sécheresse

Si vous vivez en Europe, il y a de fortes chances que vous ayez songé à la sécheresse qui a particulièrement frappé le Sud cet hiver et ce printemps, d’autant plus depuis la sécheresse de l’été dernier. Le mois d’avril a été le plus chaud et le plus sec jamais enregistré en Espagne, et dans certaines régions de France, la sécheresse de cette année a été la plus longue jamais enregistrée. En effet, dans le département français des Pyrénées-Orientales et dans certaines régions du sud de l’Espagne, comme Malaga, il n’y a pas eu de précipitations importantes depuis plus d’un an. Dans le nord de l’Italie, les précipitations ont diminué de 40 % en 2022 et l’année 2023 démarre mal avec des niveaux de stockage de l’eau inférieurs de moitié à la normale et par des lacs et des rivières asséchés. En France, il n’y a pas eu de pluie pendant 32 jours consécutifs en janvier et février, ce qui représente la plus longue période de sécheresse hivernale depuis le début de la surveillance en 1959.

Mais le sud de l’Europe n’est pas le seul endroit à avoir été touché : même des pays normalement riches en eau, comme l’Autriche, ont connu des difficultés dues non seulement à la chaleur et à la sécheresse de l’été 2022, mais aussi à la sécheresse de l’hiver dernier et de ce début de printemps. Le manque de neige et de pluie a fait des ravages sur les sols, déjà érodés, d’une grande partie de notre continent. Si les mois d’avril et de mai ont finalement apporté de la pluie en Italie et en Autriche, les averses soudaines et intenses, associées à l’incapacité des sols à les absorber, provoquent des inondations et se révèlent donc être un cadeau empoisonné. L’Italie est passée du manque en eau à un excès d’eau, pratiquement du jour au lendemain. 


Illustration tirée du rapport technique « Drought in Europe March 2023 » du Joint Research Centre de l’UE



Dans les régions les plus touchées d’Espagne et de France, l’eau est désormais rationnée, quelques mois avant le début de l’été. Cette situation, qui est déjà difficile pour les citoyens, est encore plus désastreuse pour les agriculteurs locaux : elle peut les priver de leur gagne-pain. Car rien ne pousse sans eau, ni légumes, ni fruits, ni céréales. Nous devrions tous être préoccupés. 

Cependant, nous ne voulons pas être fatalistes ou alarmistes et nous préférons examiner les solutions potentielles et ce que nous pouvons apprendre de ce que la nature nous envoie comme message. Après une réflexion approfondie sur le sujet, nous avons identifié quelques points sur lesquels nous aimerions apporter un certain nombre d’éclaircissements :

  • Nous devons accélérer la transition vers une agriculture régénératrice immédiatement – la réduction de la dégradation des terres (et l’empêcher de se dégrader davantage !) fait partie d’une des priorités absolues de CrowdFarming à partir de maintenant, en gardant à l’esprit que l’une des clés pour maintenir efficacement les réserves d’eau sont nos sols.

  • Les ressources en eau dont nous disposons doivent être gérées plus efficacement. À titre d’exemple, on peut trouver des techniques d’irrigation efficientes en Espagne, où l’on trouve des régions plus sèches habituées à de longues périodes sans pluie. Nos agriculteurs mettent en œuvre des pratiques telles que l’irrigation au goutte-à-goutte, des systèmes qui empêchent le ruissellement, le suivi des courbes de niveau et l’utilisation de capteurs afin que l’irrigation soit aussi précise que possible afin que l’eau ne soit jamais gaspillée. 

  • La répartition de l’eau dans les régions soumises à un stress hydrique devrait suivre le principe du « besoin » avant celui du « désir » : Il est peut-être temps de privilégier une production alimentaire durable plutôt que des terrains de golf, et de préférence avant qu’une autre crise de sécheresse ne survienne.

  • Toutes les activités qui aggravent le changement climatique devraient être prises en compte – faisons notre part pour réduire les émissions de CO2 et luttons pour maintenir des températures essentielles à l’équilibre de l’écosystème.


Mais chaque chose en son temps :

Comprendre la situation

Pour comprendre la situation de la sécheresse en Europe, il faut savoir qu’il existe trois types de sécheresse différents, mais reliés entre eux : 

  1. La sécheresse météorologique : déficit pluviométrique (eau dans l’atmosphère)
  2. Hydrologique : déficit de débit ou de stockage dans les cours d’eau naturels et les étendues d’eau (eau en surface).
  3. Agricole : déficit d’humidité du sol (eau dans le sol).

Normalement, la sécheresse météorologique, c’est-à-dire l’absence de précipitations, est le principal déclencheur des deux autres types. Toutefois, les températures élevées et l’agriculture non durable contribuent à aggraver les conséquences de la première. 

L’Organisation météorologique mondiale définit la sécheresse comme « une période sèche prolongée dans le cycle climatique naturel qui peut se produire n’importe où dans le monde » et « un phénomène à évolution lente causé par un manque de précipitations ». Cela signifie qu’une « vraie » sécheresse ne se produit pas simplement parce qu’il n’y a pas de pluie pendant quelques mois. Il s’agit d’un processus évolutif. Cela signifie qu’une sécheresse ne devrait pas surprendre un pays, car l’organisation météorologique nationale concernée mesure les précipitations et les niveaux d’eau au fil du temps. Cela signifie également qu’il est possible de prendre des mesures préventives, en particulier dans le domaine de la gestion de l’eau, mais aussi dans les secteurs les plus touchés par la sécheresse, tels que l’agriculture. Le fait d’être attentif à ce que les chercheurs et les études nous enseignent et de surveiller la situation tant du côté de la politique et de la gouvernance que du côté des agriculteurs pourrait contribuer à atténuer la gravité de la sécheresse et de ses conséquences. 


Illustration tirée du rapport technique « Drought in Europe March 2023 » du Joint Research Centre de l’UE



Les facteurs qui y contribuent :

→ Le réchauffement climatique

Même s’il s’agit d’une évidence, elle doit être rappelée : les températures élevées sont l’un des principaux facteurs qui contribuent aux effets de la sécheresse, en provoquant l’évaporation de l’eau et en stressant davantage les plantes et les animaux. Les statistiques montrent que les vagues de chaleur en Europe ont augmenté de manière significative entre 1951 et 2017, laissant les réserves d’eau sévèrement épuisées. Les précipitations sont globalement plus espacées et tendent à être plus intenses lorsqu’elles se produisent. Bien qu’il semble y avoir une tendance marquée dans certaines régions – comme certaines zones de France, d’Italie et d’Espagne, comme mentionné ci-dessus, aucun schéma clair n’a encore émergé, ce qui rend la météo assez imprévisible.

Cependant, la crise actuelle de la sécheresse est clairement liée à l’activité humaine : Il existe de nombreuses preuves scientifiques (voir le rapport annuel du GIEC par exemple) que les émissions (causées principalement par l’industrie de l’énergie, mais aussi par les transports et les industries telles que l’alimentation et la mode) ont eu un impact négatif sur la qualité de l’air et non seulement ont provoqué mais aussi accéléré le réchauffement de la planète. L’apparition de conditions météorologiques extrêmes et de périodes de sécheresse prolongées fait partie des scénarios sur lesquels la communauté scientifique nous a mis en garde.

La dégradation des sols

Selon l’Observatoire européen des sols, près de 60 % de nos sols sont soit dégradés, soit dans un état malsain.

La dégradation des sols est directement liée aux cycles de l’eau, par des processus tels que l’érosion des sols. Des conditions hydriques extrêmes peuvent provoquer l’érosion des sols en éliminant la couche arable fertile et en exposant le reste du sol, qui devient alors extrêmement vulnérable aux différents éléments. En plus de diminuer la productivité agricole, l’érosion augmente les risques tels que les glissements de terrain ou les inondations.

Des sols sains jouent un rôle essentiel dans la gestion de l’eau :

  • Ils filtrent l’eau, en piégeant les polluants et en les empêchant de s’infiltrer dans les eaux souterraines.
  • Ils captent et stockent mieux l’eau, évitant ainsi qu’elle ne s’écoule avec les nutriments contenus dans le sol et protégeant les sols de l’érosion. 
  • Ils minimisent l’évaporation en surface, réduisant ainsi le besoin en irrigation.

L’agriculture intensive et conventionnelle contribue à la dégradation des sols via l’utilisation de machines lourdes et du labourage, de l’utilisation d’engrais et de pesticides de synthèse et de l’exposition des sols à la lumière directe du soleil en raison de la déforestation.

Si vous devez retenir une chose de tout cela, c’est qu’il faut prendre soin de nos sols et soutenir ceux qui en prennent soin. L’enjeu est de taille : il s’agit de maintenir en vie le monde qui se trouve sous nos pieds.



Les solutions envisageables

Pour nous, agriculteurs et membres de l’industrie alimentaire, la principale contribution que nous pouvons apporter, en plus d’une gestion efficace de l’eau, est de mettre en œuvre des pratiques régénératrices : paillage, cultures de couverture, réduction du travail du sol et augmentation de la matière organique,  afin d’encourager la rétention de l’eau dans le sol. 

Les autres mesures que nous pouvons prendre activement en tant que société, électeurs, entreprises et consommateurs sont les suivantes :

  • La réduction des déchets alimentaires, afin que nous n’utilisions l’eau que pour produire les aliments que nous allons réellement consommer. Ne l’oublions pas : un tiers de la nourriture produite dans le monde est jetée ou gaspillée, surtout lorsqu’il s’agit d’aliments frais. 

  • Éviter l’utilisation de pesticides de synthèse, en consommant BIO ou des produits en conversion à l’agriculture biologique, et si possible, des produits issus de pratiques régénératrices. 

  • Limiter les incendies et la déforestation qui dégradent les sols et vont à l’encontre de la rétention d’eau.

La situation de nos agriculteurs

Dans le cas précis de nos agriculteurs, ils ne peuvent utiliser que leurs propres ressources en eau – qui varient considérablement, puisqu’ils peuvent avoir leurs propres réservoirs, où ils recueillent l’eau de pluie, ou alors leurs propres puits – ainsi que les ressources en eau qui leur sont allouées par les organismes officiels. Lorsque leurs propres ressources en eau et les ressources en eau qui leur sont allouées au niveau municipal sont épuisées, comme ce fut le cas pour certains de nos agriculteurs dans les régions particulièrement touchées du Sud de l’Europe dernièrement, cela signifie simplement qu’ils ne peuvent plus irriguer et donc qu’ils perdent leurs cultures ou que leurs récoltes sont considérablement réduites.  

C’est pourquoi nous avons moins d’avocats ou d’oranges disponibles que d’habitude à cette époque de l’année – la saison a tout simplement été écourtée. Heureusement, même dans le sud, il y a beaucoup d’agriculteurs, comme à Grenade par exemple, qui n’ont pas été touchés par la sécheresse jusqu’à présent.

Nos agriculteurs bénéficient de sols plus sains et sont très attentifs aux ressources.  En Espagne, tous nos agriculteurs ont appris à éviter la sur-irrigation et à se contenter de quantités d’eau réduites, même avant que la crise de la sécheresse ne les frappe.


La question à un million de dollars

Par conséquent, devrions-nous cesser de cultiver des plantes qui demandent une importante consommation d’eau ?

Il n’y a pas de réponse simple à cette question. S’il est vrai qu’il y a des cultures qui ne peuvent pas être uniquement pluviales dans certaines régions, il y a certains aliments qui sont plus médiatisés que d’autres en ce qui concerne leur consommation d’eau.   

Il y a une raison pour laquelle il est logique de cultiver certaines cultures irriguées dans le sud de l’Europe : c’est tout simplement la seule région d’Europe où il est possible de les cultiver. L’alternative serait de les importer d’outre-mer, et dépendre des importations de denrées alimentaires d’outre-mer ne peut pas être la réponse à la sécurité alimentaire en Europe.

Il est également important de garder quelques faits à l’esprit: Selon le Water Footprint Network, la production d’un kilo de viande bovine nécessite 15 000 litres d’eau.  Aucune culture ne s’approche, même de loin, de ce chiffre. De plus, un grand nombre de céréales très courantes nécessitent également plus d’eau que de nombreux types de fruits, y compris l’avocat ou l’orange. Nous devons également tenir compte de la valeur nutritionnelle des aliments que nous produisons par rapport aux besoins en eau. 

Nous devons nous rappeler que toutes les plantes ont besoin d’eau. Là où il n’y a pas d’eau, il n’y a pas de vie. Concentrons-nous donc sur une gestion plus efficace de nos ressources en eau, sur le partage des connaissances, sur le soutien à l’agriculture régénératrice et sur la remise en question de l’utilisation de l’eau par les industries qui ne sont pas vitales pour notre survie.

Et n’oubliez pas que la vie sous vos pieds est essentielle.


Sources:

  • Water scarcity conditions in Europe | Water exploitation index plus (8th EAP)
  • IPCC 2022
  • FAO Campaign Materials | World Soil Day, 5 December
  • World Meteorological Organization
  • Soil erosion must be stopped ‘to save our future’, says UN agriculture agency | News.un.org
  • Conservation Agriculture as a Sustainable System for Soil Health: A Review | Mdpi
  • Which foods need the most water to produce? | World Economic Forum
  • Erosion in Europe – Projections by 2050 | ESDAC – European Commission
  • Europe’s Water Crisis: From Overshadowed to Potentially Catastrophic | European Journal of Development Studies

Written by Emmeline Hess

Emmeline Hess

Emmeline es experta en comunicación, vocación que ha estado ejerciendo durante más de 9 años en empresas con enfoque en la sostenibilidad.

Esta nueva podcaster es una gran aficionada a la comida, una preocupada por el cambio climático (aspirante a guerrera) y le gusta una buena discusión casi tanto como los perros.

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Le vaste monde des agrumes

Les agrumes regroupent toutes les espèces de fruits appartenant au genre Citrus, avec leur goût caractéristique sucré-acidulé et leurs propriétés nutritionnelles exceptionnelles. Ces fruits charnus sont principalement cultivés dans les régions subtropicales et tropicales, bien qu’ils s’adaptent et poussent dans presque toutes les régions du monde situées dans la zone des 40° de latitude – en Europe, il s’agirait de l’Espagne, de l’Italie et de la Grèce. Cette large répartition et cette capacité d’adaptation en ont fait l’une des catégories de fruits présentant la plus forte production et commercialisation à l’échelle mondiale. L’« Odyssée » des agrumes L’histoire des agrumes traverse de nombreuses cultures et époques. Selon la mythologie grecque, les jardins des Hespérides étaient peuplés de pommes d’or : aujourd’hui, nous savons qu’il s’agissait en réalité d’oranges. Dans la Chine antique, dès 2200 av. J.-C., ils étaient des symboles de prospérité. Sur la route de la soie, leur valeur résidait dans la prévention du scorbut. Le genre Citrus comprend non seulement les oranges, mais aussi les mandarines, les citrons, les citrons verts, les pamplemousses et d’autres variétés moins connues. Ils partagent tous une origine commune, située en Asie du Sud-Est, plus précisément dans la région de l’Himalaya. Leur domestication a généré un réseau génétique complexe, favorisant leur expansion. On pense que les citrons verts et les oranges amères sont originaires respectivement de l’est et du nord de l’Inde, tandis que les citrons pourraient être un hybride entre le cédrat et la mandarine. Les oranges douces proviennent peut-être du sud-est de la Chine et ont été introduites en Europe par les Romains. Les mandarines ont voyagé jusqu’au Japon le long du fleuve Yangtsé, et les pamplemousses se sont rapidement établis dans la péninsule malaise. Bien que retracer leur parcours soit difficile, la génomique et la biogéographie apportent certaines réponses, ainsi qu’une excellente leçon d’histoire. Un trésor nutritionnel En plus de sucres comme le glucose et le fructose, les agrumes constituent notre principale source de vitamine C, surtout en hiver. Ces valeurs sont généralement plus élevées pour les oranges que pour les mandarines, et nettement plus élevées dans le cas des fruits issus de l’agriculture biologique, pouvant être de 15 à 30 % plus élevées selon la variété. Il est également important de savoir que le jus d’orange ne contient que 25 % de la vitamine C contenue dans le fruit. Cependant, la vitamine C n’est pas le seul joyau nutritionnel des agrumes. Ces fruits sont aussi une excellente source de caroténoïdes, de xanthophylles ou de flavonoïdes qui non seulement donnent aux agrumes leur couleur orange caractéristique – voire rouge dans le cas des oranges sanguines – mais agissent également comme de puissants antioxydants et des précurseurs de la vitamine A. D’autres nutriments présents dans les agrumes comprennent l’acide folique, le potassium, le calcium et le magnésium, essentiels à la santé cardiovasculaire et osseuse ainsi qu’à la fonction musculaire. En outre, chaque espèce d’agrume a ses propres particularités nutritionnelles qui la distinguent des autres : par exemple, les citrons verts et les citrons sont particulièrement riches en acide citrique et en vitamine C, tandis que les pamplemousses offrent une bonne quantité de vitamine A. Les innombrables espèces et variétés d’agrumes La popularité des variétés modernes, qui offrent une meilleure rentabilité, sont mieux adaptées aux exigences du marché et aux conditions environnementales et sont plus résistantes aux maladies et aux ravageurs, finit par déplacer les variétés traditionnelles et indigènes. Parmi les principales espèces et variétés d’agrumes actuellement disponibles sur le marché, nous pouvons souligner les suivantes : Oranges (Citrus sinensis) Navelina : Cette variété est l’une des premières Navel à mûrir dans la saison, généralement disponible à partir de novembre. Les Navelina sont reconnaissables à leur petit « nombril » (ou « bellybutton ») et sont connues pour leur douceur, leur faible acidité et leur richesse en jus. Elles sont généralement prêtes à être consommées entre décembre et janvier. Navel de Foyos : Elles sont juteuses et présentent un bon équilibre entre douceur et acidité. Leur peau est épaisse et facile à peler, et elles ont le « nombril » caractéristique des oranges Navel. La saison de récolte de la Navel de Foyos commence généralement en novembre et dure jusqu’en janvier. Fukumoto : Il s’agit également d’une variété Navel précoce, connue pour sa taille petite à moyenne et sa couleur orange vif. Elle a un goût majoritairement sucré et une texture juteuse, avec une peau fine qui la rend facile à peler. La saison de récolte du Fukumoto est généralement d’octobre à décembre. Navel Powell : Elle se distingue par sa grande taille et son goût légèrement plus sucré. Sa peau est un peu plus épaisse que celle des autres variétés Navel, ce qui contribue à prolonger sa durée de conservation. La saison de récolte de la Navel Powell s’étend généralement de février à avril. Washington Navel : C’est peut-être la variété d’orange Navel la plus connue et la plus cultivée. Elle se caractérise par sa grande taille, sa jutosité et son équilibre entre douceur et acidité. Sa peau est épaisse et facile à peler, et elle possède un « nombril » marqué. Sa saison de récolte commence en novembre et peut se prolonger jusqu’en mars. Navel Lane Late : Une variété tardive d’oranges Navel, la Navel Late est récoltée du printemps au début de l’été. Ces oranges sont grosses, juteuses et ont une saveur équilibrée, légèrement plus sucrée que les oranges Navel. Elles sont idéales à consommer fraîches et conservent leur qualité plus longtemps. Leur saison se situe entre mars et avril. Salustiana : Connue pour sa forte teneur en jus et son goût sucré, la Salustiana a une peau fine et est facile à peler. Cette variété est moins acide que d’autres oranges et a une saison de récolte de la mi-hiver au printemps, environ de janvier à mars. Valencia Midnight : Variante de l’orange Valencia, la Valencia Midnight mûrit plus tard dans la saison, offrant un jus riche et sucré, idéal pour la production de jus d’orange. Sa saison de récolte s’étend d’avril à mai. Valencia Late : Autre variété tardive de la célèbre orange Valencia, elle se distingue par sa grande taille. Sa saison de récolte s’étend d’avril à juillet, ce qui en fait l’une des dernières oranges disponibles sur le marché chaque saison. Tarocco : L’une des variétés d’oranges sanguines les plus populaires. La Tarocco est appréciée pour sa chair rougeâtre distinctive et son profil aromatique sucré avec des notes de baies. Elle est riche en antioxydants, notamment en anthocyanes, qui lui donnent sa couleur rouge. Sa saison de récolte va de janvier à mai. Moro : Autre variété remarquable d’orange sanguine, célèbre pour sa couleur rouge intense tant dans la chair que dans la peau, elle est très appréciée en cuisine gastronomique. Sa saveur est proche de celle de la Tarocco, avec une légère touche d’acidité. Cette variété est connue pour sa forte teneur en anthocyanes, les pigments qui lui confèrent sa couleur caractéristique et ses antioxydants. La saison de récolte de la Moro couvre les mois de janvier et février de chaque année. Mandarines (Citrus reticulata) Gold Nugget : La mandarine Gold Nugget, nommée ainsi en raison de sa peau rugueuse – qui lui donne cet aspect imparfait que nous aimons tant – et de sa couleur dorée, est une variété appréciée pour sa douceur et sa jutosité, avec une touche d’acidité. La peau de la Gold Nugget est un peu épaisse, mais reste facile à peler. Sa saison de récolte est tardive, débutant généralement en mars et pouvant durer jusqu’à fin mai. Satsuma : Originaire du Japon, la mandarine Satsuma est une variété sans pépins, très sucrée et juteuse, avec un niveau d’acidité plus élevé que d’autres mandarines et clémentines. Sa peau verdâtre est légèrement plus épaisse mais facile à peler. La saison de récolte de la Satsuma est précoce, commençant en automne (environ d’octobre à décembre) et faisant d’elle l’un des premiers agrumes à arriver sur le marché chaque année. Tango : La mandarine Tango est une variété très populaire et de grande qualité originaire de Californie. C’est une mandarine sans pépins au goût excellent, qui se distingue par une douceur intense. La peau est fine et lisse, orange vif et facile à peler. Sa saison commence en janvier et dure jusqu’en avril. Nardocot : Cette variété, originaire du Maroc, se caractérise par une taille moyenne et une peau fine, facile à peler. La Nadorcott a l’avantage de bien se conserver sur l’arbre, ce qui permet de prolonger sa saison de récolte. Elle est également résistante à l’alternance, ce qui signifie qu’elle produit une bonne récolte année après année. Comme la variété Tango, elle est récoltée entre janvier et avril. Clemenvilla : Également connue sous le nom de Nova, elle se caractérise par une excellente qualité de jus et une facilité d’épluchage. Les Clemenvilla sont plus grosses que les clémentines communes et ont une forme légèrement allongée. Sa saison de récolte va de la mi-hiver au début du printemps, environ de décembre à mars. Orogros : De taille moyenne à grande, avec une peau dont la couleur varie du jaune à l’orange. Son goût est un mélange équilibré de douceur et d’acidité. La peau est un peu plus épaisse que celle d’une mandarine ordinaire, mais reste facile à peler. La saison de récolte de l’Orogros est généralement de janvier à mars. Tardivo di Ciaculli : Originaire de Sicile, en Italie, cette variété tardive est connue pour son goût exceptionnellement sucré et son arôme intense. Le Tardivo di Ciaculli a une peau fine et une forme légèrement aplatie, avec une saison de récolte plus tardive que celle d’autres mandarines, généralement de fin février à avril. Ortanique : La variété ortanique vient de Jamaïque ; son nom indique « OR » (orange) orange, « TAN » (tangerine) mandarine et « IQUE » (unique), ce qui nous dit qu’il s’agit d’un hybride entre mandarine et orange. Elles sont de taille moyenne à grande, avec une forme quelque peu aplatie, et ont une forte teneur en jus d’une couleur orange intense. Elles sont de saison entre février et mars. Orri : La mandarine Orri est une variété relativement récente et de très haute qualité, originaire d’Israël. Elle se distingue par un goût exceptionnellement sucré et un faible niveau d’acidité, ce qui en fait l’une des variétés les plus appétissantes du marché. L’Orri a une peau fine et brillante, est facile à peler et contient peu ou pas de pépins. La saison de récolte de l’Orri est en mars. Clémentines (Citrus x clementina) Les clémentines, souvent considérées comme un type de mandarine, ont tendance à être un peu plus sucrées, à peau plus fine et légèrement plus petites que les mandarines. Clemenules : Ces clémentines ont un goût fortement sucré, ce qui les rend particulièrement appréciées pour la consommation directe. Leur peau est fine et facile à peler. En termes de taille, elles ont tendance à être plus grosses que les clémentines communes. La saison de récolte des Clemenules s’étend de novembre à la fin décembre. Clémentine commune : Cette variété est la plus traditionnelle et la plus connue des clémentines. Elle se caractérise par une taille petite à moyenne, une peau orange vif et une grande facilité d’épluchage. La clémentine commune présente un équilibre parfait entre douceur et acidité, et convient aussi bien à la consommation fraîche qu’au jus. Sa saison de récolte s’étend généralement de novembre à janvier. Tangold : Aussi connue sous le nom de Seedless Tango, c’est une variété sans pépins développée récemment. Elle se distingue par sa couleur orange intense, tant dans la peau que dans la pulpe. Sa saveur est sucrée, avec une texture juteuse et ferme. La peau est facile à peler et sa taille est moyenne. La saison de récolte du Tangold est généralement de la fin de l’hiver au début du printemps, environ de février à avril. Caffin : Une variété précoce, connue pour sa petite taille et sa forme légèrement allongée, offrant un bon équilibre entre douceur et acidité. Sa saison de récolte est précoce, commençant en octobre et s’étendant jusqu’en décembre. Oronules : La clémentine Oronules est l’une des premières à être commercialisées, car elle est parmi les plus précoces à atteindre son point optimal de consommation. Elle est petite, d’une attractive couleur orange rougeâtre et peu acide. Elle a une peau très fine, ce qui la rend facile à peler. Sa saison s’étend d’octobre à la fin novembre. Corse ou « Fine de Corse » : La clémentine de Corse, originaire de l’île de Corse en France, est une variété très appréciée pour sa qualité exceptionnelle. Elle se caractérise par un goût intensément sucré. Elle a une peau fine et une bonne quantité de jus. Les clémentines corses sont très valorisées sur les marchés européens et leur saison de récolte et disponibilité sur le marché commence généralement vers novembre et peut s’étendre jusqu’à la fin décembre. Citrons (Citrus limon) Verna : Cette variété de citron est typique d’Espagne, avec un cycle de production tardif. Elle a une grande taille, une peau épaisse et est très juteuse. Elle est moins acide que d’autres variétés et est largement utilisée pour la production de jus. Elle est principalement récoltée au printemps et en été, ce qui signifie que sa disponibilité est la plus élevée entre les mois d’avril et août. Fino ou Primofiori : Aussi connu comme citron commun ou mesero, c’est l’une des principales variétés cultivées dans le monde. Il se caractérise par une peau fine et une forte teneur en jus, avec un équilibre parfait entre acidité et douceur. Il est généralement récolté de l’automne au début du printemps, avec une disponibilité maximale entre octobre et mars. Femminello : Originaire d’Italie, c’est l’une des variétés les plus appréciées et les plus répandues dans la région méditerranéenne. Elle se distingue par sa forte teneur en huile essentielle dans l’écorce, ce qui la rend idéale pour la production de limoncello et d’autres produits aromatisés. Ce citron a une saveur classiquement acidulée, avec une peau fine et une forme légèrement allongée. Sa saison s’étend sur la majeure partie de l’année. Pamplemousse (Citrus paradisi) Rio Red : Originaire du Texas, ce pamplemousse est connu pour sa saveur sucrée et légèrement acidulée. La saison de récolte du Rio Red s’étend de la fin de l’automne au printemps, ce qui en fait l’un des pamplemousses les plus recherchés pendant cette période. Star Ruby : Le Star Ruby a la chair la plus rouge de toutes les variétés de pamplemousse. Il est connu pour sa jutosité et sa douceur, et contient une plus faible quantité de pépins. Sa saison de récolte est similaire à celle des variétés Ruby Red et Rio Red. Autres espèces et variétés d’agrumes Citron vert (Citrus aurantiifolia) Connus pour leur saveur moins acide et plus florale, les citrons verts sont plus petits et verts. Ils sont souvent utilisés dans les boissons et cocktails, ainsi que dans les recettes qui nécessitent une touche d’agrume douce. En général, la meilleure période de l’année pour trouver des citrons verts frais se situe approximativement de juin à septembre. Main de Bouddha (Citrus medica var. sarcodactylis) Ce fruit est très remarquable

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Encore une fois, une COP qui déçoit

La COP30, qui s’est tenue du 10 au 22 novembre 2025 à Belém au Brésil, aurait dû marquer un tournant. Dix ans après l’Accord de Paris et à la veille d’un monde en surchauffe, l’enjeu était clair : passer des promesses à la mise en œuvre. Mais, une fois encore, les attentes se sont heurtées à la réalité d’un processus diplomatique au bord de l’impasse.“Assez parlé, il est temps de passer à l’action”, a prévenu le président brésilien Lula qui accueillait l’événement. Quinze jours et 30 COP plus tard, où en est-on ? Ce qu’il s’est passé Lors de la COP30, les négociations se sont focalisées sur plusieurs volets clés : l’adaptation des pays vulnérables, le financement climatique, et (très attendu) un engagement sur la sortie des combustibles fossiles. Le texte final, baptisé « Mutirão » (mot issu des langues tupi-guarani, parlées en Amérique du Sud, et qui désigne une collectivité s’attelant à une tâche commune.), a obtenu un soutien large, mais très critique. Il appelle à « des efforts pour tripler les financements d’adaptation d’ici à 2035 » mais ne précise ni montants fermes ni calendrier contraignant. Il ne comporte pas de feuille de route obligatoire pour la sortie du charbon, du pétrole et du gaz, faute d’un consensus. Le commissaire climat de l’Union européenne, Wopke Hoekstra a résumé le résultat par une formule sévère : « Ce texte n’est en aucun cas à la hauteur de l’ambition dont nous avons besoin en matière d’atténuation. ». En clair, la COP30 n’a pas échoué dans sa totalité. Elle n’a pas annulé tous les engagements, mais elle a bel et bien raté l’occasion de les rehausser dans un contexte d’urgence climatique. Pourquoi nous restons sur notre faim Après trente conférences climatiques, on a l’impression de répéter indéfiniment les mêmes démarches tout en espérant, à chaque fois, un résultat différent. Effectivement, chaque COP affiche un vaste programme, de grandes ambitions, des discours flamboyants… pour terminer avec un texte « écrit » parce que les États ne veulent pas d’un échec total, (surement par crainte d’un abandon du multilatéralisme). Mais les décisions majeures sont repoussées, affaiblies, rendues non contraignantes. Dans le contexte du quotidien de nos agriculteurs, de nos petits producteurs, et de nos communautés engagées pour un système alimentaire juste, transparent et résilient, cela pose question. Car les déclarations « il faut passer à l’action » se succèdent, mais qui passe réellement à l’action ? Qui, au-delà des rapports et des plateaux TV, opère concrètement un changement structurel ? Encore une fois, la forme (le discours, la conférence, l’image) semble l’emporter sur le fond (les engagements fermes, les moyens, la mise en œuvre). Notre secteur: l’agriculture, l’alimentation juste et les filières courtes attendait de ces négociations qu’elles portent une impulsion plus affirmée : une sortie crédible des énergies fossiles et des intrants chimiques pour libérer des ressources vers la transition agroécologique ; une reconnaissance que la biodiversité et la santé des sols ne sont pas des options, mais des clés essentielles pour un futur résilient. Mais au final, la COP30 démontre encore que le modèle diplomatique international reste prisonnier de compromis, de petites avancées et de marges floues. En conclusion : faut-il encore croire aux COP? Oui, parce que le cadre reste important, il n’y a pas d’alternative crédible au multilatéralisme. Mais soyons lucides : depuis tant d’années, nous revivons la même boucle : ambitions affichées → négociations longues → texte poli mais peu contraignant → report des véritables décisions à la prochaine COP. Faire toujours la même chose et attendre un autre résultat n’est plus acceptable. Il est temps de réclamer des objectifs contraignants et vérifiables, une mise en œuvre rapide des engagements en matière de sols, d’alimentation, de biodiversité. Sinon, nous resterons spectateurs d’un théâtre qui drape de vert l’immobilisme.  Et pendant ce temps, les territoires, les agriculteurs, les petites fermes, les consommateurs engagés, construisent déjà l’alternative. La véritable question n’est donc plus de savoir quoi faire, mais à quelle vitesse nous pouvons le faire. Serons-nous capables de déployer ces solutions plus rapidement que les impacts climatiques n’avancent ? C’est cette course dans laquelle nous sommes engagés.

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